L’évaluation psychologique : comprendre avant d’intervenir
Avant de choisir une technique, il faut bien comprendre ce que tu vis et ce qui l’entretient. L’évaluation psychologique est le processus qui le permet : elle combine l’entretien et des outils validés, et se poursuit tout au long de la thérapie pour vérifier que ce que l’on fait t’aide vraiment.

Qu’est-ce que l’évaluation psychologique ?
C’est un processus structuré de recueil d’informations, de la première séance à la dernière. Il ne s’agit pas de « passer un test » et de recevoir une étiquette, mais de décrire précisément la difficulté, d’expliquer ce qui la déclenche et l’entretient, puis de vérifier si le traitement fonctionne.
Trois sources d’information complémentaires
L’entretien
Ton histoire, ce que tu vis aujourd’hui, dans quels contextes cela apparaît et ce que tu as déjà essayé. C’est l’outil central.
Des questionnaires validés
Des outils dont la fidélité et la validité ont été étudiées, qui mesurent l’intensité des symptômes et la comparent à des données de référence.
Des auto-observations
Des notes sur des situations concrètes (ce qui s’est passé, ce que tu as pensé, ce que tu as fait) qui apportent l’information du quotidien.
L’idéal est de mesurer chaque aspect important avec plus d’une source, pour réduire les erreurs de mesure.
Les étapes du processus
Selon le modèle de Fernández-Ballesteros (2013), une référence en évaluation psychologique, le processus clinique comprend :
Clarifier la demande
Ce qui t’amène, ce que tu souhaites obtenir et quels comportements, pensées ou réactions physiques sont au cœur de la difficulté.
Recueillir l’information
Les éléments de ton histoire et de ta situation actuelle (familiale, professionnelle, relationnelle) et les facteurs personnels et biologiques pertinents.
Formuler des hypothèses
Des explications possibles de ce qui entretient la difficulté, confrontées aux données.
Formulation clinique et plan
Une explication partagée de ce qui se passe, dont découlent les objectifs et les techniques.
Évaluer le traitement
Mesurer à nouveau pour voir s’il y a un changement, de quelle ampleur, et s’il se maintient.

La formulation clinique est partagée avec toi et révisée : c’est une hypothèse de travail, pas un verdict.
Pourquoi mesurer
De l’impression aux données
Le patient comme le thérapeute peuvent se tromper en évaluant les progrès : une mauvaise journée peut donner l’impression que rien ne change, et l’envie que cela marche peut faire paraître les choses meilleures qu’elles ne sont. Mesurer aide à corriger ces biais.
Mesure initiale
Un point de départ clair : comment tu vas au début.
Suivi
De courtes mesures pendant la thérapie pour suivre l’évolution.
Ajustement
Si quelque chose n’avance pas comme prévu, on le repère tôt et on adapte le plan.
Mesure finale
On compare avec le début et avec des critères de changement définis.
En recherche, on distingue un changement statistiquement fiable (supérieur à l’erreur de mesure de l’outil) d’un changement cliniquement significatif (quand le score rejoint celui de la population sans la difficulté), une proposition de Jacobson et Truax (1991) toujours largement utilisée.
Ce que dit la recherche
Mesurer régulièrement les progrès n’est pas une formalité :
Suivi systématique des résultats
Une méta-analyse de Lambert et collaborateurs (2018) a montré que donner au thérapeute un retour régulier sur l’évolution du patient améliore les résultats, surtout quand la thérapie n’avance pas comme prévu.
Repérer à temps
Dans ces cas, le suivi est associé à moins d’abandons et moins d’aggravations.
Science et jugement clinique
L’APA définit la pratique fondée sur les preuves comme l’intégration des meilleures données de la recherche, de l’expertise clinique et des caractéristiques et préférences du patient.
Les questionnaires ne remplacent pas le jugement clinique : ils l’éclairent. Un score s’interprète toujours dans le contexte de ton histoire.
Comment je l’applique
Premières séances
Un entretien approfondi et, quand c’est utile, des questionnaires adaptés à la difficulté (par exemple le BDI-II pour l’humeur, le STAI ou le BAI pour l’anxiété, le PSWQ pour les inquiétudes ou le PCL-5 pour les symptômes post-traumatiques).
Restitution
Je t’explique ce que montrent les résultats, en langage clair, et on construit ensemble la formulation du cas.
Pendant la thérapie
On fait régulièrement le point sur ton évolution, avec de courtes mesures et ton propre ressenti.
À la fin
On compare avec le point de départ et on prépare la prévention des rechutes.

Je soumets aussi des situations en supervision clinique avec des collègues, une autre façon de confronter mes hypothèses à un regard extérieur.
Ce que ce n’est pas
Ce n’est pas te coller une étiquette
Un diagnostic peut aider à orienter le traitement, mais il ne définit pas qui tu es.
Ce n’est pas un examen
Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses : l’important est de répondre sincèrement.
Ce n’est pas un test magique
Aucun questionnaire ne révèle à lui seul « ce que tu as » ; il se combine avec l’entretien.
Ce n’est pas public
Les résultats sont confidentiels et couverts par le secret professionnel.

Gonzalo Garzo
Psychologue clinicien · approche intégrative
Je suis psychologue clinicien depuis 2018 et anthropologue. Pendant des années, j’ai combiné la psychologie avec des postes de direction (voir mon profil LinkedIn), avant de me consacrer entièrement à la clinique.
Je travaille avec une approche intégrative : TCC, thérapies de troisième vague ou contextuelles (surtout ACT, TCD et pleine conscience), EMDR et psychologie humaniste, adaptées aux besoins de chacun.
J’ai vécu dans plusieurs pays et je t’accompagne en français, espagnol ou anglais, en ligne ou à La Rochelle.
Questions fréquentes
Les questionnaires sont-ils obligatoires ?
Non. Je te les propose quand ils apportent une information utile, et je t’explique toujours à quoi ils servent.
Combien de temps dure l’évaluation ?
Elle occupe surtout les premières séances, mais se poursuit tout au long de la thérapie de façon plus brève.
Vas-tu me donner un diagnostic ?
S’il est utile pour toi ou pour te coordonner avec un autre professionnel, on en parle. Le plus important reste la formulation : comprendre ce qui entretient la difficulté.
Puis-je demander un compte rendu ?
Oui, je peux rédiger un compte rendu écrit, clair et adapté à son objectif.
Peut-on faire l’évaluation en ligne ?
Oui. L’entretien se fait en visio et de nombreux questionnaires validés existent en format numérique.
On en parle ?
Sources
- Fernández-Ballesteros, R. (Dir.) (2013). Evaluación psicológica: conceptos, métodos et estudio de casos (2e éd.). Pirámide.
- Caballo, V. (Dir.) (2006). Manual para la evaluación clínica de los trastornos psicológicos. Pirámide.
- Jacobson, N. S. et Truax, P. (1991). Clinical significance: A statistical approach to defining meaningful change in psychotherapy research. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 59(1), 12-19.
- Lambert, M. J., Whipple, J. L. et Kleinstäuber, M. (2018). Collecting and delivering progress feedback: A meta-analysis of routine outcome monitoring. Psychotherapy, 55(4), 520-537.
- American Psychological Association (2006). Evidence-based practice in psychology. American Psychologist, 61(4), 271-285.
- Consejo General de la Psicología de España (2015). Código Deontológico del Psicólogo.
Cette page est informative et ne remplace pas une évaluation professionnelle.
