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Approches · EMDR

Thérapie EMDR

L’EMDR (désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires) est une psychothérapie structurée pour traiter les conséquences d’expériences traumatiques. Je t’explique en quoi elle consiste, comment se passe une séance, ce que disent les recommandations cliniques et pour quoi elle est indiquée, sans exagérer ce qu’elle peut faire.

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Qu’est-ce que l’EMDR ?

L’EMDR a été développé par la psychologue Francine Shapiro à la fin des années 1980. Il associe l’évocation d’un souvenir perturbant à une stimulation bilatérale alternée (mouvements oculaires guidés, sons ou tapotements alternés de chaque côté du corps), dans un protocole en huit phases. Son objectif est que le souvenir perde sa charge émotionnelle et s’intègre de façon plus adaptée.

Ses idées clés

Des souvenirs non traités

Selon le modèle du traitement adaptatif de l’information, certaines expériences restent stockées « non digérées », avec les émotions et sensations du moment.

La stimulation bilatérale

Pendant que la personne garde le souvenir à l’esprit, elle suit un stimulus alterné, ce qui facilite le retraitement du souvenir.

Un protocole structuré

Ce n’est pas une technique isolée : il suit huit phases, avec une préparation soigneuse avant de travailler les souvenirs.

Pourquoi cela fonctionne-t-il ? L’une des explications les mieux soutenues expérimentalement est l’hypothèse de la mémoire de travail : faire deux tâches à la fois (se souvenir et suivre le stimulus) réduit la vivacité et l’intensité émotionnelle du souvenir.

Pour quoi est-il indiqué ?

L’indication principale de l’EMDR, soutenue par les recommandations cliniques, est le trouble de stress post-traumatique :

Stress post-traumatique chez l’adulte

L’OMS (2013) le recommande aux côtés de la TCC centrée sur le trauma. Le NICE (2018) recommande de le proposer aux adultes souffrant de TSPT après un trauma non lié au combat lorsque plus de trois mois se sont écoulés.

Les expériences traumatiques en général

Accidents, agressions, pertes soudaines, expériences médicales difficiles ou autres événements qui continuent d’affecter le présent.

Autres difficultés

Son utilisation est étudiée pour l’anxiété, les phobies, le deuil ou la douleur, entre autres, mais les preuves sont moins solides que pour le TSPT. Je l’évalue toujours au cas par cas.

L’EMDR n’est pas un traitement universel. Quand la difficulté n’est pas liée à des souvenirs traumatiques, d’autres approches sont souvent plus adaptées.

Les huit phases du protocole

Préparer, retraiter et clôturer

Le protocole standard de l’EMDR s’organise en huit phases, que je regroupe ici en quatre temps :

1

Anamnèse et planification

Évaluation, choix des souvenirs à travailler et plan de traitement.

2

Préparation

Expliquer la méthode et renforcer les ressources de stabilisation pour que la personne se sente en sécurité.

3

Retraitement

Évaluation du souvenir, désensibilisation par stimulation bilatérale, installation d’une croyance positive et scanner corporel.

4

Clôture et réévaluation

Terminer chaque séance de façon stable et vérifier la fois suivante comment le souvenir a évolué.

Pendant le retraitement, la personne n’a pas à raconter l’événement en détail : il suffit de garder à l’esprit une image, la croyance négative associée et les sensations, pendant de courtes séries de stimulation.

Ce que disent les recommandations cliniques

Les principales recommandations internationales reconnaissent l’EMDR pour le stress post-traumatique, avec des nuances :

OMS (2013)

Recommandé

Elle inclut l’EMDR et la TCC centrée sur le trauma parmi les traitements recommandés du stress post-traumatique.

NICE (2018) et ISTSS (2019)

Recommandé chez l’adulte

Les deux le recommandent pour le TSPT de l’adulte, le NICE sous conditions liées au type de trauma et au délai.

APA (2020)

Recommandation conditionnelle

L’Association américaine de psychologie le recommande de façon conditionnelle, derrière les variantes de la TCC centrée sur le trauma.

Les différences entre recommandations tiennent à la méthode d’évaluation des études. Ce qui est honnête, c’est de dire que l’EMDR est un traitement reconnu du TSPT, pas qu’il est le meilleur pour tous.

Comment je travaille avec l’EMDR

1

Évaluer s’il est indiqué

Toutes les personnes et tous les moments ne s’y prêtent pas. On l’évalue ensemble.

2

Stabiliser d’abord

Avant de toucher aux souvenirs difficiles, on s’assure que tu as des ressources pour gérer les émotions.

3

Retraiter à ton rythme

On travaille les souvenirs choisis, avec des pauses et toujours avec ton accord.

4

Intégrer

On combine l’EMDR avec la TCC ou l’ACT pour travailler le présent : évitements, croyances, projets.

Je suis formé à l’EMDR (Standard Training accrédité par EMDR Europe). Les séances peuvent se faire en ligne, avec des adaptations du protocole et en veillant à la sécurité.

Ce que l’EMDR n’est pas

Ce n’est pas de l’hypnose

Tu restes conscient et maître de la séance du début à la fin, et tu peux arrêter quand tu veux.

Il n’efface pas les souvenirs

Le souvenir reste, mais il perd sa charge émotionnelle et cesse d’envahir le présent.

Ce n’est pas un remède instantané

Il peut être efficace en peu de séances dans certains cas, mais chaque parcours a son rythme.

Ce ne sont pas que les yeux

Les mouvements oculaires sont une forme de stimulation bilatérale, au sein d’un protocole thérapeutique complet.

Gonzalo Garzo

Psychologue clinicien · EMDR Europe

Je suis psychologue clinicien depuis 2018 et anthropologue. Pendant des années, j’ai combiné la psychologie avec des postes de direction (voir mon profil LinkedIn), avant de me consacrer entièrement à la clinique.

Je travaille avec une approche intégrative : TCC, thérapies de troisième vague ou contextuelles (surtout ACT, TCD et pleine conscience), EMDR et psychologie humaniste, adaptées aux besoins de chacun.

J’ai vécu dans plusieurs pays et je t’accompagne en français, espagnol ou anglais, en ligne ou à La Rochelle.

En savoir plus sur moi

Questions fréquentes

Combien de séances faut-il ?

Cela dépend du nombre et du type de souvenirs et de la stabilité de la personne. Un trauma unique peut demander peu de séances ; des expériences répétées, plus de temps.

Dois-je raconter ce qui s’est passé en détail ?

Non. Une brève description suffit, et garder le souvenir à l’esprit pendant le retraitement.

Peut-on faire de l’EMDR en ligne ?

Oui, avec des adaptations du protocole (par exemple l’auto-stimulation par tapotements alternés) et en évaluant la sécurité au cas par cas.

Cela peut-il aggraver les choses ?

Pendant le processus, des émotions intenses ou des souvenirs peuvent surgir ; c’est pourquoi la préparation et la clôture de chaque séance sont essentielles.

On en parle ?

Le premier échange de 20 minutes est offert : pas besoin de me raconter ce qui s’est passé, seulement comment tu vas aujourd’hui.
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Sources

  • Shapiro, F. (2018). Eye Movement Desensitization and Reprocessing (EMDR) therapy: Basic principles, protocols, and procedures (3e éd.). Guilford Press.
  • Organisation mondiale de la santé (2013). Guidelines for the management of conditions specifically related to stress.
  • National Institute for Health and Care Excellence (2018). Post-traumatic stress disorder (NG116).
  • American Psychological Association (2020). Clinical Practice Guideline for the Treatment of PTSD.
  • International Society for Traumatic Stress Studies (2019). ISTSS PTSD Prevention and Treatment Guidelines.
  • van den Hout, M. A. et Engelhard, I. M. (2012). How does EMDR work? Journal of Experimental Psychopathology, 3(5), 724-738.

Cette page est informative et ne remplace pas une évaluation professionnelle.