Approche humaniste et relation thérapeutique
Les techniques comptent, mais elles ne fonctionnent pas dans le vide : la relation entre toi et ton psychologue est l’un des facteurs qui influencent le plus la réussite d’une thérapie. Je t’explique ce qu’a apporté la psychologie humaniste, ce que dit la recherche sur la relation thérapeutique et comment j’en prends soin.

Qu’est-ce que l’approche humaniste ?
La psychologie humaniste est née au milieu du XXe siècle, avec des auteurs comme Carl Rogers, en alternative aux approches de l’époque. Elle part d’une vision positive et globale de la personne : nous avons tous une tendance à grandir et à nous développer, et les difficultés apparaissent quand on vit trop en fonction des jugements extérieurs et qu’on s’éloigne de ses vrais besoins. Son grand apport a été de placer la relation thérapeutique au cœur du traitement, ce que toutes les orientations ont ensuite adopté, plus ou moins.
Les trois attitudes du thérapeute selon Carl Rogers
Empathie
Comprendre la difficulté de ton point de vue, et savoir te transmettre cette compréhension.
Regard positif inconditionnel
Un espace sans jugement, où tu peux parler de tout sans te sentir évalué.
Authenticité
Un thérapeute sincère, cohérent entre ce qu’il pense, ressent et dit.
Un regard honnête
Les modèles humanistes ont de grandes qualités : leur vision de la personne dans sa globalité, l’accent mis sur la croissance et pas seulement sur le problème, et leur utilité pour les difficultés liées aux valeurs ou à l’identité. Mais ils ont aussi des limites : moins de preuves empiriques de haute qualité que d’autres approches, des concepts parfois flous (comme « l’actualisation de soi ») et une applicabilité plus limitée pour certaines difficultés.
C’est pourquoi je ne travaille pas comme thérapeute exclusivement humaniste. Ce que j’intègre de cette approche, c’est précisément ce que la recherche soutient fortement : la qualité de la relation thérapeutique.
Ce que dit la recherche sur la relation thérapeutique
La relation thérapeutique est l’un des aspects les plus étudiés de la psychothérapie :
L’alliance thérapeutique prédit le résultat
Une méta-analyse de près de 300 études (Flückiger et collaborateurs, 2018) a montré un lien constant entre la qualité de l’alliance (accord sur les objectifs, sur les tâches et lien) et le résultat de la thérapie, quelle que soit l’approche.
L’empathie aussi
Une autre méta-analyse (Elliott et collaborateurs, 2018) a montré que l’empathie du thérapeute est associée à de meilleurs résultats.
Les facteurs communs
Certaines estimations attribuent aux techniques spécifiques environ 15 % de l’amélioration et aux facteurs communs (relation, attentes…) environ 30 %, des chiffres encore débattus.

Cela ne veut pas dire que les techniques ne comptent pas : des techniques efficaces et une bonne relation se renforcent mutuellement.
Ce qui caractérise une bonne relation thérapeutique
Plus que « bien s’entendre »
La relation thérapeutique a ses propres caractéristiques, qui la distinguent d’une amitié :
Un accord mutuel
Les objectifs et les techniques sont discutés et convenus de façon explicite.
Des rôles clairs
Tout dans la relation est orienté vers ton bien-être ; mon rôle est de mettre mes connaissances et compétences à ton service.
Éthique et confidentialité
Secret professionnel, respect de tes valeurs et de tes droits, et absence de relations multiples.
Une bonne alliance se soigne aussi quand il y a des tensions : si quelque chose dans la thérapie ne te convient pas, en parler fait partie du travail, et ajuster le cap améliore souvent le résultat.
Ce qu’elle apporte en pratique
Trois raisons pour lesquelles je prends particulièrement soin de la relation :
Pouvoir parler du difficile
Sans espace sûr, il est difficile d’aborder ce qui fait le plus mal ou ce qui fait honte.
Maintenir l’effort
La relation soutient la motivation quand le changement coûte ou que les progrès tardent.
Une thérapie sur mesure
Faire le point ensemble sur la thérapie permet d’adapter l’approche à tes besoins.
La relation thérapeutique s’appuie aussi sur la supervision clinique avec des collègues, qui m’aide à revoir mon travail et à ne pas rester seul avec mon regard.
Comment je l’intègre
Écouter avant d’intervenir
Les premières séances servent à te comprendre, pas à appliquer tout de suite des techniques.
Convenir du chemin
Des objectifs et des méthodes qui ont du sens pour toi, expliqués clairement.
Faire le point ensemble
Je te demande comment tu vis la thérapie et on ajuste ce qu’il faut.
Combiner avec des techniques efficaces
La relation est la base ; j’y applique des outils de la TCC, de l’ACT ou de l’EMDR.

Je travaille avec une approche intégrative : je prends dans chaque modèle ce qui est le mieux validé et le plus adapté à chaque personne.
Ce que cela ne veut pas dire
Ce n’est pas seulement parler
L’écoute est la base, mais la thérapie a des objectifs et un plan.
Ce n’est pas une amitié
C’est une relation professionnelle, avec des limites claires pensées pour te protéger.
Ce n’est pas te donner toujours raison
T’accepter n’empêche pas de pointer avec respect ce qui peut entretenir la difficulté.
Ce n’est pas improviser
L’intégration des approches repose sur l’évaluation et les preuves, pas sur l’intuition.

Gonzalo Garzo
Psychologue clinicien · approche intégrative
Je suis psychologue clinicien depuis 2018 et anthropologue. Pendant des années, j’ai combiné la psychologie avec des postes de direction (voir mon profil LinkedIn), avant de me consacrer entièrement à la clinique.
Je travaille avec une approche intégrative : TCC, thérapies de troisième vague ou contextuelles (surtout ACT, TCD et pleine conscience), EMDR et psychologie humaniste, adaptées aux besoins de chacun.
J’ai vécu dans plusieurs pays et je t’accompagne en français, espagnol ou anglais, en ligne ou à La Rochelle.
Questions fréquentes
Et si je ne me sens pas à l’aise avec mon psychologue ?
Il est important de le dire. Parfois, on peut ajuster ; parfois, le mieux est de changer de professionnel, et c’est tout à fait légitime.
La thérapie en ligne permet-elle une bonne relation ?
Oui. L’alliance thérapeutique se construit aussi en visio, et beaucoup de personnes la trouvent même plus confortable.
Fais-tu de la Gestalt-thérapie ?
Non. De l’approche humaniste, j’intègre surtout les attitudes thérapeutiques et le soin de la relation, ce qui est le mieux soutenu par la recherche.
Pourquoi une approche intégrative ?
Parce qu’aucun modèle ne fonctionne de la même façon pour tous. Intégrer permet d’adapter le traitement à chaque personne et à chaque difficulté.
On en parle ?
Sources
- Bados, A. (2008). Modelos psicodinámicos, fenomenológico-existenciales et humanistas. Universidad de Barcelona.
- Rogers, C. R. (1957). The necessary and sufficient conditions of therapeutic personality change. Journal of Consulting Psychology, 21(2), 95-103.
- Cormier, W. H. et Cormier, L. S. (2000). Estrategias de entrevista para terapeutas. Desclée de Brouwer.
- Fernández-Álvarez, H. et Opazo, R. (2004). La integración en psicoterapia: manual práctico. Paidós.
- Flückiger, C., Del Re, A. C., Wampold, B. E. et Horvath, A. O. (2018). The alliance in adult psychotherapy: A meta-analytic synthesis. Psychotherapy, 55(4), 316-340.
- Elliott, R., Bohart, A. C., Watson, J. C. et Murphy, D. (2018). Therapist empathy and client outcome: An updated meta-analysis. Psychotherapy, 55(4), 399-410.
- Norcross, J. C. et Lambert, M. J. (Eds.) (2019). Psychotherapy relationships that work (3e éd.). Oxford University Press.
Cette page est informative et ne remplace pas une évaluation professionnelle.
